La question revient comme un leitmotiv dans les discussions des Centrafricains : quand les FACA, forces armées nationales seront-elles vraiment capables de tenir le pays seules ? Face à des menaces sécuritaires qui persistent dans plusieurs régions, la pression populaire sur les autorités pour renforcer l’outil militaire ne faiblit pas.
Sur le papier, les progrès sont réels. Les effectifs des FACA ont sensiblement augmenté ces dernières années, et leur déploiement progressif sur le territoire national témoigne d’une volonté affichée de restaurer l’autorité de l’État là où elle avait reculé. Un effort que la MINUSCA a souvent accompagné, apportant un appui logistique et opérationnel sans lequel certaines zones seraient restées hors de portée.
Mais entre les chiffres et le ressenti du terrain, un fossé subsiste. De nombreux citoyens estiment que les résultats concrets demeurent en deçà des attentes, pointant les difficultés opérationnelles rencontrées lors de certaines offensives, où le recours à des instructeurs ou à des forces alliées a été nécessaire pour franchir des obstacles que l’armée nationale n’a pas encore les moyens de surmonter seule.
Ce constat n’est pas une condamnation, mais un diagnostic. Construire une armée nationale crédible et autonome prend du temps, des ressources et une vision stratégique de long terme. Cela suppose des équipements modernes, une logistique fiable, des officiers bien formés et surtout des soldats qui croient en leur mission.
La Centrafrique a entamé ce chantier. Elle doit l’accélérer, car aucune paix durable ne peut reposer indéfiniment sur des béquilles extérieures. Le jour où les FACA se suffiront à elles-mêmes sera celui où la souveraineté centrafricaine aura trouvé son bras armé.

